#DerrièreLeTapis 1 – Ma rencontre avec le yoga

Les grandes vacances commençaient lorsque j’ai appris que nous partions vivre en Afrique.

Je ne savais pas vraiment ce qui allait se passer.

Je voyais les malles se remplir de nos affaires et ma mère s’activer pour tout organiser. Mon père devait partir avant nous afin de préparer notre arrivée.

Une enfance à Niamey

L’été touchait à sa fin lorsque nous sommes partis pour Roissy afin de prendre l’avion.

Mon chien Lutin ferait lui aussi partie du voyage, mais en soute.

Après plusieurs heures de vol, nous sommes arrivés sur le tarmac de Niamey, capitale du Niger. Dès que la porte de l’avion s’est ouverte, la chaleur m’a saisie comme une claque.

Ce pays m’a apporté énormément : une forme de libération par rapport à ce que je vivais en France, la rencontre avec le yoga, mais aussi celle du futur père de mes enfants.

Je découvrais un pays impressionnant par ses paysages, ses animaux, sa chaleur, ses habitants… Une nouvelle vie qui s’est infiltrée en moi comme un vent de sable.

Ma mère, qui ne connaissait jusque-là qu’une vie rythmée par le travail, eut d’abord du mal à apprivoiser tout ce temps libre. C’est ainsi que le yoga est entré dans sa vie… et, par ricochet, dans la mienne.

Dès que j’étais malade, je l’accompagnais à ses cours.

Je ne sais pas si c’était le climat ou autre chose, mais, à Niamey, mes crises de tétanie se sont intensifiées et me fatiguaient beaucoup : j’en faisais en moyenne deux par semaine. Du haut de mes neuf ans, j’ai donc fréquenté assez régulièrement les cours de yoga.

Les graines que nous semons

Avec le recul, je réalise que toutes les expériences que nous vivons sont comme des graines que nous plantons sans savoir ce qu’elles deviendront un jour. Nous ignorons souvent comment elles germeront, ni quelles fleurs elles donneront.

Cela me rappelle combien il est précieux d’être conscient de ces espaces de vie, même de ceux qui paraissent anodins, car nous ne savons jamais vraiment ce qu’ils représenteront plus tard.

Lorsqu’à 18 ans, un acupuncteur m’a invitée à refaire du yoga, cette pratique ne m’était déjà plus étrangère. J’y suis retournée sans appréhension.

Ce fut le début d’un long chemin, jalonné par la rencontre de plusieurs enseignants, de différentes formes de yoga et par les voyages qui ont traversé ma vie.

Je suis retournée vivre en Afrique à l’âge adulte, en Côte d’Ivoire, où j’ai découvert le yoga égyptien.

J’ai également vécu dans plusieurs régions de France, où j’ai continué à pratiquer. Et je dois dire que le yoga qui m’a le plus inspirée reste le Hatha Yoga.

De la pratique à la transmission

Nourrie de toutes ces expériences et de tous ces déménagements, me voilà arrivée en Loire-Atlantique.

C’est à Nantes que j’ai rencontré Colette Enginger-Bouchy, qui fut ma professeure de yoga avant de devenir une grande amie. Elle m’a transmis sa vision du yoga et m’a encouragée à intégrer l’école de la Fédération Française de Hatha Yoga dans les années 2000. En parallèle, je continuais à pratiquer avec elle.

À cette époque, elle était également formée à la gymnastique chinoise auprès du docteur Jean-Marc Eyssalet, grand acupuncteur. J’ai pu bénéficier indirectement de cet enseignement, qui est venu enrichir ma pratique.

Un art de vivre

Le yoga m’a appris à écouter mon corps, mon cœur, ma conscience… et mon inconscient.

Pour moi, il est devenu un véritable art de vivre.

Il m’a réparée.

Soutenue.

Nourrie.

Inspirée.

Il m’a permis de rencontrer une multitude de personnes. Il m’a offert un métier, m’a fait grandir… et continue aujourd’hui à nourrir tous ces espaces de ma vie, tout en maintenant mon corps vivant et en mouvement.

J’ai aujourd’hui 56 ans et je suis toujours aussi passionnée par cette discipline qui continue, chaque jour, à m’enseigner tellement de choses.

Namasté,

Valérie

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